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Quand les râteaux s’en iront

Le nouveau caché derrière ses thuyas
Rotofilait jusqu’au dernier émoi
Toute herbe folle encline aux cabrioles
Le nez collé sur ses racines carrées
Il n’aimait rien moins que mes ipomées
Qui sur sa haie dépliaient leurs corolles
Mais il faudra bien qu’un jour il me voie
En bikini dedans mes hortensias
À le regarder biner et bêcher
Et je t’offrirai mon prince charmant
Un vin épicé par les piments
Que j’aurai repiqués pour t’enflammer

 

Quand les râteaux s’en iront
Quand les lilas couvriront nos pas
Tu verras mon potiron
Garé devant les araucarias
De Java

Quand tomberont les cirés
Quand la gadoue sur nous séchera
La bal pourra commencer
Et jamais minuit ne sonnera

 

La bêcheuse a cru bon d’aménager
La cabane de la parcelle d’à côté
Sans un outil pour y clouer son nid
Elle passe ses jours et ses nuits à vernir
Des ongles rongés par les souvenirs
Sans même voir que c’est moi qui l’épie
Mais il faudra pourtant qu’un jour elle vienne
Me quémander la clé d’or de Cayenne
Pour s’évader de son jardin chinois
Il est bien des princes qui vainquirent les ronces
Pour prendre les belles sans avoir une once
D’espoir de les retrouver ici bas

 

Quand les râteaux s’en iront
Quand les lilas couvriront nos pas
Tu verras mon potiron
Garé devant les araucarias
De Java

Quand tomberont les cirés
Quand la gadoue sur nous séchera
La bal pourra commencer
Et jamais minuit ne sonnera

 

Si l’on sortait de l’orée de nos bois
Si l’on croyait pour une heure que les rois
Jardinent eux-même en chaussant des sabots
Allons bon abaissons nos palissades
Laissons courir des allées de calades
Que dans nos enclos coulent les mêmes eaux
Puisque l’on sait comment l’amour se sème
Allons-y à tout vents à pleine bennes
Gorgeons nous des fruits de tous ses étés
Et si les années viennent à passer
En attendant la faux du cantonnier
Nous pass’rons l’hiver à faire des gelées

Quand les râteaux s’en iront
Quand les lilas couvriront nos pas
Tu verras mon potiron
Garé devant les araucarias
De Java

Quand tomberont les cirés
Quand la gadoue sur nous séchera
La bal pourra commencer
Et jamais minuit ne sonnera

 

 

©musique: Renaud, ©texte: Bocq

 

 

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